Avec “Dreams of Home“, Haast prend le post-metal par le col et le traînent sur des terres où le prog, essentiellement, parfois le sludge et le doom, viennent régulièrement brouiller les frontières. Pas question ici de faire dans la démonstration gratuite pour donner l’illusion de la complexité. Le quatuor gallois privilégie la construction, la tension et surtout cette science du crescendo qui transforme chaque accalmie en menace. Quelque part entre les envolées épiques de Baroness, les architectures complexes de Dvne et le groove progressif de Horseburner, le groupe façonne un univers sonore où les riffs serpentent, se répondent et finissent par s’embraser.
Surtout, les protagonistes ne perdent jamais de vue l’essentiel : l’émotion. Derrière les guitares épaisses et les rythmiques qui cognent sévère, les compositions respirent, doutent, puis repartent de plus belle. Denial In The Lion’s Den, titre phare du présent disque aussi puissant que poignant, résume parfaitement cette capacité à conjuguer déflagration et vulnérabilité, sans jamais sombrer dans le pathos.
De bout en bout, “Dreams of Home“ affiche une insolente cohérence, alternant passages suspendus et montées en puissance avec un sens du contraste sacrément bien affûté. Haast se fend d’un album massif sans être monolithique, bien au contraire, ambitieux sans être démonstratif. Du post-metal progressif qui a du coffre, du relief, du muscle, mais surtout avec une âme. Et pas qu’un peu.

