THE JESUS AND MARY CHAIN – L’histoire mouvementée des frères Reid

Depuis sa création en 1984, The Jesus And Mary Chain a souvent traîné une réputation sulfureuse quant à ses prestations scéniques. Et les frangins Reid n’étaient pas les derniers pour allumer la mèche…

Propulsés fer de lance de la noise pop dans la seconde moitié des années 80 (My Bloody Valentine, That Petrol Emotion, The Membranes, The Pastels…) avec The Jesus And Mary Chain, les frères Reid – Jim au chant et William à la guitare – sont loin d’être des enfants de chœur et se comportent comme de véritables punks une fois sur les planches : concerts de dos, sets très courts dont certains ne dépassaient pas les 10 minutes, larsens en pagaille, jet de bouteille dans le public… Le duo écossais s’est même produit plusieurs fois accompagné d’une simple cassette audio en guise de rythmique qu’un roadie était chargé de lancer entre chaque morceau. Ajoutez à cela une consommation régulière de LSD, d’amphétamines et de boissons alcoolisées pour faire passer le tout, et vous obtenez le parfait cocktail pour partir en vrille. Les chamailleries plus ou moins violentes entre les deux frangins vont atteindre un point de non-retour le 12 septembre 1998. Ce jour-là, William Reid se dispute dans le tour bus avec le guitariste en place à l’époque (Ben Lurie), juste avant une date à guichets fermés au House Of Blues de Los Angeles. Plus tard dans la soirée, Jim – complètement saoul – se prend la tête avec son frère pendant une quinzaine de minutes en plein concert. Ce dernier quittera le groupe le lendemain et TJAMC finira la tournée américaine, puis celle au Japon, sans son guitariste co-fondateur.

Réconciliation
En 2007, les frères Reid enterrent la hache de guerre, reforment officiellement The Jesus And Mary Chain et réalisent même deux excellents albums : « Damage And Joy » (2017) et « Glasgow Eyes » (2024). L’antagonisme entre les deux protagonistes se serait-il atténué au fil des ans ? « Nous avons appris à le gérer », explique Jim. « Dans les années 90, c’était devenu totalement incontrôlable et nous avons beaucoup appris de cette situation. Aujourd’hui, je sais qu’il y a certaines limites à ne pas franchir et qu’elles sont difficiles à voir. Dans les années 90, je ne les voyais pas parce que j’étais tellement défoncé, et lui aussi. Maintenant, je sais que si je dis ceci ou fais cela, il y aura une réaction, alors il vaut mieux s’y prendre différemment. Essayons juste de faire le travail et de ne pas nous foutre en l’air. » Ce qui serait dommage vu la qualité des dernières productions et des concerts de la famille Reid.

Photo : © Mel Butler