DISCOZERO – It Was Capitalism All Along – (Autoproduction)

Avec “It Was Capitalism All Along“, Discozero affiche sans ambages ses intentions : refuser les étiquettes pour mieux brouiller les pistes. Enregistré à distance et assemblé morceau par morceau comme un puzzle sous tension, tout en étant pensé dans l’échange, ce premier album traduit quelque chose de profondément contemporain, une urgence fragmentée, nourrie d’écrans interposés.

Si les protagonistes avouent que la découverte de Turnstile fut un véritable déclic collectif et que l’intensité brute que l’on retrouve chez Idles a fortement nourri leur processus de composition, ils ne s’arrêtent pas à ces deux noms pour élaborer leur patchwork sonore. Les influences circulent, se percutent, sans jamais prendre le dessus. Get It! Get It! Get It! va droit au but, dans une veine proche de Royal Blood. Mary & Jesse & déroule un groove aride que n’aurait pas renié Queens Of The Stone Age, quand Oh My God (I’m Still Alive) hypnotise, réunissant sous la même bannière le flow de Saul Williams et la nonchalance indie-rock de Eels. Et comme pour justifier le nom du groupe, Discozero se fend d’un Do You Dance? en guise de conclusion, hymne rock taillé pour les dancefloors, quelque part entre LCD Soundsystem et Radio 4.

Mais plus que ses références, c’est le traitement du présent long format qui marque. Un son brut, travaillé sans filet, où le mix devient un choix esthétique à part entière. À une époque obsédée par la perfection numérique, Discozero préfère la friction à la propreté. C’est sans doute dans cette instabilité permanente, dans cette envie farouche de faire cohabiter un large spectre d’influences au sein d’un même projet, que “It Was Capitalism All Along“ trouve malgré tout sa propre cohérence, brute, instable, mais furieusement vivant.