10,000 YEARS – Esox Lucifer – (Ripple Music)

Avec “Esox Lucifer“, le trio suédois confirme qu’il faudra désormais compter sur lui parmi les groupes les plus solides de la scène heavy-rock européenne. Certes, point de révolution du genre à l’horizon, mais 10,000 Years en exploite les codes avec une maîtrise qui force le respect. Chaque titre semble participer à un ensemble pensé dans ses moindres détails, où les riffs massifs, les rythmiques martiales (mention spéciale au batteur, sans doute un disciple d’Animal, le batteur fou du Muppet Show) et les mélodies insidieuses s’imbriquent avec fluidité.

Aux frontières du heavy-rock, du stoner et d’un heavy-metal d’une autre époque, “Esox Lucifer“ privilégie la dynamique et la progression, alternant passages écrasants et séquences plus aériennes sans jamais perdre en intensité. La production, puissante et organique, donne toute leur ampleur à des morceaux aux structures mouvantes, tandis que le chant, toujours sur le fil du rasoir mais expressif (il faudra s’y habituer dans un premier temps pour qu’ensuite il trouve logiquement sa place dans le décor final), renforce le caractère épique de l’ensemble. On pense parfois à Kvelertak, The Sword, voire à Kylesa, pour cette manière d’associer lourdeur, groove et sens du récit, mais 10,000 Years évite soigneusement le piège de la simple imitation grâce à une personnalité de plus en plus affirmée.

Plus mature dans son écriture, plus ambitieux dans ses atmosphères, “Esox Lucifer“ est un disque dense et suffisamment inspiré pour dépasser le simple statut de bonne sortie heavy-rock de l’année. Une montée en puissance qui place définitivement les Suédois parmi les valeurs sûres du genre.