VINTAGE STORY – BURNS FLYTE

Fondée à la fin des années 50 par Alice Louise Farrell et James Ormston Burns, la marque Burns s’impose rapidement comme l’un des acteurs majeurs de la scène guitare britannique des sixties. Son heure de gloire arrive quand The Shadows adoptent ses instruments et signent même un contrat d’exclusivité avec la firme londonienne, avant de migrer plus tard chez Fender. Si la vague retombe, Burns ne renonce jamais à son ADN : des guitares radicalement différentes, aussi bien dans leurs lignes que dans leurs solutions techniques, avec des micros et une électronique maison qui sortent clairement des sentiers battus. Après plusieurs changements de propriétaires, Burns UK voit le jour en 1974, toujours animée par cette volonté de bousculer les codes. La Flyte en sera l’illustration la plus spectaculaire.

I Believe I can Flyte
À l’origine, la Flyte devait porter le nom de Concorde, clin d’œil évident à l’avion supersonique entré en service en 1976. Et l’inspiration saute aux yeux : tête profilée évoquant le nez de l’appareil, corps aux lignes aérodynamiques rappelant ses ailes. Une guitare futuriste jusqu’au bout des mécaniques. Côté micros, Burns ne fait rien comme les autres : des capteurs spécialement développés pour ce modèle, offrant un grain hybride, quelque part entre la précision de l’électrique et l’ouverture d’une acoustique. Un caractère unique qui séduit rapidement la scène glam-rock. Marc Bolan (T. Rex) en fera l’une de ses armes favorites, tout comme Slade à la fin des années 70. L’exemplaire photographié arbore une finition verte particulièrement rare à l’époque, et regorge de détails insolites, à l’image de ce binding en aluminium courant le long du manche. Chez Burns, classe rime avec audace.

Un envol (trop) bref
Le nombre exact de Flyte produites reste flou, mais il est probablement limité : Burns UK n’aura vécu que deux ans. Ironie de l’histoire, la Flyte sera le seul véritable succès commercial de cette courte période, sans pour autant suffire à assurer la pérennité de la marque. Une version basse verra également le jour, aujourd’hui encore plus confidentielle. Côté cote, il faut compter entre 2 500 et 3 000 euros selon l’état, un tarif encore raisonnable pour une guitare vintage aussi rare et atypique. Mais on connaît la chanson : qu’un modèle revienne sous les projecteurs, et les prix s’envolent. Il suffit de jeter un œil aux Airline popularisées par Jack White pour comprendre à quelle vitesse la spéculation peut décoller… comme un certain avion supersonique.

Photos : © Olivier Ducruix