NINE INCH NAILS – Accor Arena (Paris) – 07/07/2025

À l’occasion de la tournée “Peel It Back“, Nine Inch Nails était de retour dans la Capitale après 7 ans d’absence. Une longue attente pour les fans de la formation américaine, qui allait être vite oubliée…

Il est 21h quand les lumières s’éteignent sur l’Accor Arena, comble pour l’occasion, et qu’une silhouette s’avance sur une petite scène au format carré (B-Stage), installée en retrait de la grande. Pas d’esbroufe pour le début des hostilités, juste Trent Reznor au piano, qui entame un dépouillé  Right Where It Belongs, suivi de Ruiner et Piggy, comme pour brouiller les pistes avant une première salve de déflagrations.

Direction la grande scène pour un acte II musclé. Wish, March Of The Pigs, Reptile, The Lovers, Copy Of A, Gave Up : le concert monte sacrément en intensité. Trent Reznor, 60 piges au compteur, n’a rien perdu de son aura, soutenu par un groupe au sommet de sa forme (mention spéciale au phénoménal batteur Ilan Rubin), le tout magnifiquement mis en valeur par un son dantesque et un jeu de lumières époustouflant grâce à un rideau semi-transparent qui transforme les musiciens en de véritable spectres.

À peine le temps de souffler que les protagonistes retournent sur la B-Stage – cette fois-ci accompagnés du DJ allemand Boys Noize – pour revisiter quelques titres en mode techno berlinoise/indus. Le groove se fait plus acide, le public suit sans relâche, hypnotisé par ces rythmiques presque martiales.

Le final est implacable et ratisse large : 1,000,000, Heresy, Closer, The Perfect Drug, Head Like a Hole et, bien sûr, Hurt, repris en chœur par la salle parisienne dans un moment de communion des plus intenses. En guise de conclusion, un rideau opaque tombe doucement sur la grande scène, accompagné par le Laura Palmer’s Theme d’Angelo Badalamenti, comme un judicieux clin d’œil lynchien à la beauté étrange de cette soirée riche en émotions. Pas de rappel, ce n’est pas le genre de la maison.

37 ans après ses débuts, Nine Inch Nails reste toujours un OVNI insaisissable, prouvant qu’on peut conjuguer noirceur, radicalité et concert XXL sans jamais sombrer dans la redite. Tout simplement magistral.

Photo : © Olivier Ducruix