HERMANO – La Maroquinerie (Paris) – 07/05/2026

Le 7 mai 2026, Hermano enflammait La Maroquinerie avec un set d’une imparable intensité. Le genre de moment trop rare qu’on aimerait vivre plus souvent.

Il y avait comme un parfum de désert californien qui flottait ce 7 mai 2026 au-dessus de La Maroquinerie. Une chaleur moite, des barbes épaisses et une salle pleine à craquer pour le retour en France de Hermano, après son passage au Hellfest en 2016 (gravé pour l’éternité sur l’excellent et sobrement intitulé live “Clisson, France“)… Bref, avant même que les premiers accords ne résonnent, on sentait déjà que cette date allait avoir des allures de messe pour les fidèles du genre.

Passion riffs
En préambule, Solace s’est chargé de chauffer les murs. Les vétérans du New Jersey ne sont pas là pour jouer les poseurs. Non, ils sont venus distribuer une bonne grosse pelletée de riffs épais à souhait. Massif mais jamais pataud, le groupe balance un set râpeux où le heavy-rock à la sauce seventies percute de plein fouet le doom le plus graisseux qui soit. Le public, d’abord observateur, finit rapidement par hocher la tête à l’unisson devant cette déferlante compacte de décibels. Une première partie idéale, sans fioritures, taillée pour faire monter la température.

Bons baisers de Paris
Quand John Garcia et ses fidèles compères apparaissent enfin sur scène, La Maroquinerie explose instantanément dans une ferveur quasi religieuse. Pas besoin d’artifices, la voix légendaire du frontman, immédiatement identifiable entre mille, suffit à reconnecter plusieurs générations de fans à l’âge d’or du stoner. Hermano déroule alors un set généreux (vingt titres au compteur, plus d’1h30 de concert : excusez du peu !), dense et terriblement habité, naviguant entre classiques poisseux et morceaux plus récents. Senor Moreno’s Plan, Manager’s Special ou encore  le toujours efficace Kentucky prennent une ampleur monstrueuse dans l’écrin compact de la salle parisienne, tout comme le reste de la setlist, il faut l’avouer. Garcia, pourtant réputé pour être un chanteur introverti, se fendra même d’un discours sur le fait d’être sur scène, ici et maintenant, dans une ville aussi belle et romantique que Paris, en parfaite communion avec le public. Frissions garantis.

Au-delà des chansons en elle-mêmes, c’est surtout cette sensation de jam permanente qui impressionne. Les guitares de Mike Callahan et David Angstrom – définitivement le joyeux drille de la bande – se croisent, se cherchent et se répondent dans un groove épais et diablement organique, pendant que la section rythmique avance comme un vieux camion lancé sur une route sans fin. C’est imparable et d’une classe absolue. Hermano ne semble jamais forcer et vous embarque lentement mais sûrement dans son road trip sonore pour ne plus vous lâcher jusqu’à la dernière note. Difficile de faire mieux en la matière.

Après ce moment de grâce, les spectateurs ont eu le bonheur de partager au stand de merchandising de précieux moments avec les musiciens des deux groupes pour glaner une photo, une petite dédicace sur un vinyle (ou sur la magnifique affiche en édition limitée réalisée pour l’occasion par le talentueux Jo Riou), ou tout simplement échanger quelques mots. Comme quoi, on peut avoir le statut de groupe culte qui vous colle à la peau et rester profondément humble. Chapeau bas, messieurs. Et merci pour cette sacrée belle soirée.

Photo : © Olivier Ducruix

Setlist
Cowboys Suck / The Bottle / My Boy / 5 to 5 / Senor Moreno’s Plan / Love / Is This OK? /Breathe / Kentucky / Out of Key, But In the Mood / Alone Jeffe / Quite Fucked / Murder One / Adoption Boy / Life / Left Side Bleeding / Angry American / Manager’s Special
Rappel
Landetta (Motherload) / Our Desert Home