Ce troisième album du trio britannique marque un réel tournant dans sa carrière, confirmant ses ambitions quant à dépasser le simple cadre du sludge/thrash moderne pour embrasser une vision plus large du metal contemporain. Ce qui distingue vraiment “SettingFire To The Sky“ de ses prédécesseurs, c’est son sens de l’équilibre. Les titres accrochent sans forcer, les refrains s’installent naturellement et les ruptures servent toujours la narration globale. Le chant, plus nuancé et expressif, accompagne cette montée en maturité et renforce la cohérence de l’ensemble.
La production se veut massive et frappe fort. Les guitares sont épaisses sans jamais étouffer le propos, la batterie claque avec précision, et la basse ancre l’ensemble dans une lourdeur constante. Mais l’essentiel se joue ailleurs. Urne ne cherche plus l’impact immédiat à grands coups de riffs (même s’ils sont toujours bien présents), mais préfère désormais privilégier la construction, les contrastes, et une écriture qui assume pleinement ses variations de tension. Les morceaux naviguent entre écrasements sludge, fulgurances thrash et plages plus atmosphériques, donnant au disque une profondeur émotionnelle nouvelle. On pense parfois à Metallica pour le côté référence assumée, mais aussi à Mastodon sur certains plans plus lyriques. Quoi de plus normal donc de retrouver l’ami Troy Sanders, bassiste/chanteur de la formation d’Atlanta, sur le sinueux et épique Harken The Waves, pièce maîtresse du présent long format de plus de 9 minutes définitivement mastondonienne dans l’esprit.
Avec “Setting Fire To The Sky“, Urne parvient à concilier puissance brute et sens du détail, agressivité et mélodie. Sans révolutionner le genre, le trio réalise ici un album sûr de ses forces, ambitieux mais accessible, qui l’installe désormais permis les formations incontournables de la scène metal moderne britannique.

