Avec “Western Smoke“, les quatre compères de The Freaky Buds montrent qu’ils savent manier le blues comme on branche une guitare directement dans un ampli à lampes : sans fioritures, mais avec un feeling immédiat. Enregistré au Greaseland (propriété du guitariste norvégien Kid Andersen émigré aux États-Unis), ce deuxième album transpire la route, la chaleur et l’électricité brute. Les influences sont claires, R.L. Burnside, le hill country blues du nord du Mississippi, l’énergie crasse de The Red Devils, et totalement assumées. Ici, la tradition sert de socle à un jeu résolument actuel, affûté et sincère.
Avant d’entrer en studio, le groupe a pris le temps de faire corps lors d’un road trip californien, et ça s’entend. Le disque avance comme un long riff tendu, porté par une solide dynamique collective. Strugglin’ & Shufflin’ pose d’emblée le décor avec un blues rugueux, soutenu par un groove hypnotique et une guitare qui mord sans surjouer. The Freeloader resserre l’étau avec une rythmique nerveuse et un climat presque oppressant, tandis que Devil’s Night joue sur des lignes poisseuses et répétitives pour évoquer l’ivresse comme échappatoire.
La production de Kid Andersen privilégie le grain, les prises live et la dynamique naturelle des instruments. Sur Guilty, hill country blues teinté d’un groove quasi funky, le solo de guitare du Scandinave fait mouche : précis, incendiaire, toujours au service du morceau. L’album se conclut avec She’s Nineteen Years Old, hommage à Muddy Waters enregistré avec Alabama Mike au chant, comme un clin d’œil respectueux aux racines.
“Western Smoke“ est un disque pensé pour ceux et celles qui aiment le son des doigts sur les cordes et des amplis chauffés à blanc. Un blues vivant, direct, qui prouve que tradition et modernité peuvent parfaitement faire bon ménage.

