S’il a été logiquement associé à la scène deathcore dès la sortie de son premier EP, le combo franco-britannique a rapidement réussi à élargir sa palette sonore pour à la fois offrir un son plus expérimental par instants et développer une forme d’émotion à fleur de peau, qui a rendu sa musique plus organique même si toujours ultra-sombre. “IO“, son second album, (le premier, si on part du principe que le précédent était en fait la réunion de ses deux EP sortis en 2021 et 2023), en est une preuve irréfutable. Tendu, poisseux, il assène une grosse mandale en utilisant des morceaux comme Pig, Doormat et Snapped Neck en guise de gants de boxe. Ça cogne dur, ça avoine et ça envoie du lourd côté technique, sans jamais verser dans la démonstration à outrance. Mais c’est terriblement en place et ravageur à la fois.
Preuve de son envie de s’ouvrir à d’autres horizons, le groupe flirte avec le rapcore et les sons indus (Friends), tout en intégrant des ambiances malsaines au détour de riffs plus lourds (le son de cloche ou d’une quelconque percussion résonnante entêtant sur Banshee). Non content de jouer avec certains codes, ten56. réussit sa fusion de manière organique sans faire de collage téléphoné. Le seul moment de véritable calme est finalement délivré en toute fin d’album avec la chanson éponyme, morceau de trap mélodique et mélancolique, mais toujours habité par une certaine forme de noirceur, même si la violence pure n’est plus d’actualité à ce stade de la compétition. Avec “IO“, ten56. ouvre sa musique sans rien perdre de son intensité en proposant un son brutal allant bien au-delà du simple deathcore. Voilà un album qui va faire avancer le schmilblick.

