On l’attendait au tournant, ce fameux album, épreuve du feu pour le nouveau « co-chanteur » du groupe toulousain, Matthieu Romarin, aux côté de l’indéboulonnable et talentueux Julien Cassarino. La mandale est atomique. Non seulement ça matche, mais on avait rarement entendu un tel travail vocal chez Psykup. Si les questions/réponses restent d’actualité derrière le micro, le grain death ultra puissant du frontman et les cris possédés du guitariste/chanteur à la manœuvre depuis les débuts du groupe (en 1995 !) se mariant à merveille, c’est surtout le chant à plusieurs voix qui séduit d’emblée. Il y aura toujours un côté Mr.Bungle / Faith No More chez Psykup. Mais on entend de manière plus évidente la filiation avec Alice In Chains sur de nombreux passages (Death In The Afternoon, Losers Only, Burn After Hearing).
Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car les défenseurs de l’autruche-core ont prolongé le travail entamé il y a deux albums, en continuant de cultiver leur visage schizophrénique, mais en le répartissant mieux entre les morceaux, histoire de ne pas aligner toutes leurs idées dans une seule chanson. Et quelle brutalité, mes aïeux. Psykup se déchaîne comme jamais. Autant vous dire que ça enclume comme rarement. Le I Will Let You Down de début d’album, suivi du terrible Drinks On Me vous ramoneront les conduits auditifs comme la majeure partie des chansons de cette bombe en douze chapitres. Techniquement parlant, le groupe est dans une forme olympique. Mais il a su composer de vrais titres explosifs, sans céder à l’appel de la démonstration gratuite à gogo malgré un contenu relativement dense, mais toujours digérable.
Et si 30 ans après sa création, Psykup avait tout simplement livré son meilleur album ? Car, contrairement à son titre, ce disque est tout sauf une blague. Une pure claque qui se répartit intelligemment sur 40 minutes, histoire d’appuyer à nouveau sur la touche Play, en tendant l’autre joue.

