On aurait pu penser qu’après plus de trois décennies bien tassées de carrière, Paradise Lost ressentirait le poids des années et une certaine forme d’usure. Que nenni. Dix-septième album au compteur, et ce mélange de doom pesant et de metal à l’élégance gothique se montre toujours aussi redoutable. Le groupe assume pleinement cette dualité qui le caractérise si bien, sans pour autant tomber dans l’auto-caricature.
Noirceur sourde, mid-tempos hypnotiques, riffs massifs et solos poignants, chant alternant entre growls et passages clairs désabusés : au travers des douze morceaux de “Ascension“, les Britanniques construisent avec un indéniable savoir-faire – et une production aux petits oignons – une vraie tension dramatique pensée comme un parcours, avec des temps forts et des moments suspendus, entre rage contenue et mélancolie obsédante.
Au final, “Ascension“ apparaît comme une synthèse parfaite entre le doom écrasant des débuts et le versant obscure et gothique des années 90. Avec 37 ans de bons et loyaux services dans le genre, Paradise Lost a accumulé assez d’expérience pour éviter de rendre un mélange édulcoré (on pointera du doigt, mais sans que cela soit rédhibitoire, certaines longueurs de-ci, de-là). Et si ce nouvel album n’est pas une réinvention, ce qui n’est pas un reproche, il est avant tout une preuve que le groupe reste encore pertinent aujourd’hui, toujours capable de transformer sa musique funeste en matière vivante.

