PALM DESERT – Rays Of The Gold And Grays – (Electric Witch Mountain Recordings)

Quand un groupe disparaît – ou presque – des radars pendant plus de dix ans (le dernier long format des protagonistes, “Pearls From The Muddy Hollow“, remonte à 2014, suivi par quelques sorties plus qu’éparses), on ne s’attend pas forcément à le voir revenir avec une telle détermination. Pourtant, Palm Desert signe son retour de la plus belle des manières avec “Rays Of The Gold And Grays“, une véritable déflagration sonique qui ravira sans l’ombre d’un doute les amateurs du genre. La formation polonaise renoue ici avec un stoner sombre et chargé d’une conséquente dose de Fuzz. Un mélange de lourdeur et de mélodies poussiéreuses sculpté à même la roche et dans les règles de l’art.

Dès In The Breeze, impossible de ne pas dodeliner de la tête : le riff principal, brûlant comme une coulée de lave en fusion, avance en vagues épaisses et hypnotiques. La voix éraillée de Wojciech Gałuszka se fond dans des riffs de guitares épais à souhait sans jamais perdre son impact, portés par une section rythmique tout-terrain. Si vous aimez Kyuss, les tensions progressives et autres atmosphères écrasantes, vous avez frappé à la bonne porte.

Ce qui fait réellement la force de “Rays Of The Gold And Grays“, c’est aussi cette maîtrise du contraste : silences lourds, explosions contrôlées, grooves lancinants et envolées psychédéliques. Lightriders, l’intro de At The Edge Of Time, ou encore In My Eyes en guise de conclusion sont autant d’exemples qui montrent que Palm Desert sait varier les intensités sans jamais perdre en cohérence. L’album respire littéralement le désert, c’est indéniable. Et même si l’ensemble peut parfois ressembler à une carte postale stoner usée jusqu’à la corde, on se laisser happer, du premier jusqu’au dernier titre, par ce son massif et boueux.

“Rays Of The Gold And Grays“ n’a rien du simple « album de retour ». Palm Desert revient avec des idées, des convictions aussi, une urgence et une maturité qui manquaient parfois à ses débuts. C’est une véritable renaissance, un disque massif, sincère, qui sonne comme un vent chaud et puissant traversant une vallée aride oubliée. Terriblement efficace.