À l’écoute de “Crimson Reverie“, difficile de croire que son auteur est âgé de 23 ans, tant il affiche déjà une belle maturité, aussi bien au niveau de la maîtrise de son instrument qu’en termes de composition. Notre homme manie la six-cordes avec aisance et talent, c’est un fait certain, mais sans jamais que cette dextérité vienne prendre le pas sur la chanson. Ici, point d’esbroufe gratuite, mais une simple et louable volonté d’écrire des morceaux qui transpirent l’authenticité.
Profondément ancré dans un classic-rock aux multiples touches bluesy, ce second album évoque avec humilité les grandes heures des années 70, quelque part entre Led Zeppelin et The Doors, la reprise impeccable de For What It’s Worth de Buffalo Springfield – avec Raoul Chichin en invité – ne faisant que confirmer ce fort attrait pour cette période musicale d’une grande richesse. Gageons qu’avec ce nouveau long format, qui alterne judicieusement entre des passages de pur rock à la sauce américaine et des moments en apesanteur (Crimson Reverie, magnifique voyage de presque 7 minutes), mais sait aussi se montrer plus intimiste, Pacôme Rotondo trouvera une place de choix parmi les guitaristes influents de l’Hexagone.

