Nine Inch Nails aux commandes de la bande originale du nouveau Tron: Ares ? Lorsque la nouvelle est tombée, les réactions furent partagées, entre excitation et perplexité. Comment imaginer que la noirceur de l’indus de NIN puisse coller avec l’univers rétro-futuriste du film produit par Disney ? Après les nappes élégantes de Wendy Carlos, qui accompagnait le Tron de 1982, puis par l’élan électro-symphonique de Daft Punk en 2010 (Tron: Legacy), confier cette BO à Trent Reznor et Atticus Ross semblait un pari risqué.
Dès les premières minutes, l’intention de Trent Reznor, avec à ses côtés le fidèle Atticus Ross, est claire : injecter du chaos dans un monde numérique trop lisse. Les idées sont là, c’est indéniable, mais elles finissent par trop vite tourner en rond, et l’ensemble lasse sur la longueur plus qu’il ne captive. Il y a pourtant des fulgurances (les titres chantés par Reznor ou encore quelques parties de synthés qui jouent volontairement la carte de la dissonance ).
Le principal reproche que l’on peut faire à cette bande originale est le manque de relief. Certes, on retrouve de temps à autre l’énergie sombre qui fait la force du groupe, mais tout est – trop – contrôlé, comme figé dans un registre unique. Cela peut sans doute fonctionner à l’écran, mais à l’écoute isolée, l’album se transforme en expérience un brin aride. Au final, la BO de Tron par Nine Inch Nails impressionne par sa cohérence et sa rigueur, mais déçoit par son manque d’audace. Dommage…

