NATURE MORTE – Oddity – (Frozen Records)

Avec ce troisième album, et une pochette aux teintes pastel qui contraste habilement avec certains éléments de son contenu, Nature Morte poursuit son entreprise de décloisonnement stylistique. Le trio français repousse encore les limites du blackgaze en fusionnant les éructations  et quelques salves rythmiques rageuses héritées du black-metal avec les nappes cotonneuses et les réverbérations infinies du shoegaze. Mais là où le groupe surprend véritablement, c’est dans l’intégration d’influences nouvelles, à savoir des mélodies puisées dans l’indie-rock et des textures synthétiques évoquant la new-wave des années 80.

Un cocktail aussi improbable que maîtrisé, qui convoque tour à tour les atmosphères oppressantes de “Pornography“ de The Cure sur (Monday Is Fry Day), les errances mélancoliques d’un Radiohead période “Kid A“ sur le lancinant Nothingness, sans oublier quelques clins d’œil à l’héritage d’Alcest. Une proposition singulière, audacieuse et suffisamment intrigante pour attiser la curiosité des amateurs de musiques aventureuses.