Quatre ans après son dernier long format, Miss Lava revient avec un nouvel album aussi massif qu’ambitieux. Si “Doom Machine“ (sorti en janvier 2021) avait quelque peu amorcé un certain virage artistique, “Under A Black Sun“ se veut plus sombre et brumeux que son prédécesseur. Exit le stoner à la sauce californienne des débuts, place à un heavy-rock granuleux, tout en tensions et textures abrasives.
Ce disque s’écoute comme une coulée – de lave – continue, qui vous happe du premier au dernier instant, comme un flux où chaque titre pousse plus loin les contours du précédent. On pense à King Buffalo pour cette capacité à installer certaines ambiances et autres riffs sur la longueur, tout en gardant intacte l’attention de l’auditeur, à Elephant Tree pour la finesse mélodique, voire à Elder de temps à autre. Mais Miss Lava reste Miss Lava. Pas un ersatz, pas un satellite, mais une planète à part, sous un soleil définitivement noir.
Presque deux décennies d’activité n’ont pas rendu la formation originaire de Lisbonne plus sage. Bien au contraire, elle se montre aujourd’hui plus audacieuse, maîtrisant à merveille son sujet. “Under A Black Sun“ est sans doute l’album le plus abouti et le plus personnel que le quintette ait jamais sorti, preuve qu’on peut faire évoluer sa musique sans pour autant trahir son ADN, la complexifier – d’une certaine manière – sans perdre en intensité. Assurément la marque des grands groupes.

