MARK MORTON – Without The Pain – (Snakefarm)

Avec son premier album solo sorti en 2019 (“Anesthetic“) dans lequel on retrouvait une impressionnante liste de chanteurs, Mark Morton s’était offert une parenthèse rock (au sens très large du terme), loin de la grosse machinerie inhérente au statut de Lamb Of God. Si les invités sont également en nombre conséquent dans cette seconde réalisation sous nom, notre homme est allé déterrer ses racines musicales, celles qui l’ont aidé à se construire en tant que musicien. À commencer par le southern-rock, qui plane sur une grande partie de “Without The Pain“, avec quelques titres de premier choix (le magnifique Brother, Come December, ou encore The Needle And The Spoon, reprise de Lynyrd Skynyrd, avec Neil Fallon au micro, le frontman de Clutch), sans pour autant que le résultat final soit un simple exercice de style.

Mark Morton a doublement réussi son pari : d’abord en variant les plaisirs, passant avec aisance et talent du rock sudiste à la country (Kite String), sans oublier un petit crochet du côté du gros rock à la sauce américaine (Dust, le puissant Noctural Sun dans lequel la voix de Troy Sanders, chanteur/bassiste de Mastodon, et la guitare de Jared James Nichols font des merveilles), ou même du blues-rock (Hell & Back et son ambiance à la ZZ Top). Ensuite, en gardant une solide homogénéité malgré ce patchwork musical made in USA et, surtout, les nombreux participants (une bonne douzaine). Mark Morton nous livre ici de la plus belle des manières les secrets de sa discothèque idéale, qui plus est avec des musiciens qu’il apprécie, et ça s’entend. Le parfait exemple de ce que devrait être un bon album collaboratif.