Avec “Ultra Soul“, Lord Elephant lâche un deuxième album qui enfonce le clou sans détour. Le trio italien ne se contente pas d’aligner les riffs pachydermiques, il façonne une lourdeur vivante, dense, presque viscérale. Entièrement instrumental, le disque évite les mots pour mieux parler aux tripes, chaque riff devenant une arme de tension massive plutôt qu’un simple exercice de puissance.
D’entrée de jeu, “Ultra Soul“ affiche la couleur avec un son épais, où la Fuzz règne en maîtresse des lieux. Les guitares avancent comme un rouleau compresseur, lentes mais implacables, laissant monter la pression avant de lâcher les chevaux quand l’heure des solos – et ils sont nombreux – arrivent. La rythmique, solide comme le granit, maintient un groove obsédant qui empêche constamment la machine de s’enliser. Lord Elephant pioche aussi bien dans le psychédélisme des seventies que dans un stoner costaud, parfois bluesy aux entournures, mais sans tomber dans le revival de musée.
La vraie force du disque réside dans son sens de la dynamique. Si Lord Elephant maîtrise parfaitement l’art d’empiler les décibels, il sait aussi jouer sur les contrastes, les montées en tension et les relâchements écrasants. Les titres prennent leur temps, s’étirent, hypnotisent, flirtant parfois avec une transe lourde et abrasive.
“Ultra Soul“ transpire l’instinct et la sincérité. Plus dense, plus maîtrisé que son prédécesseur, cet album confirme Lord Elephant comme une valeur sûre de la scène heavy-rock/stoner psych actuelle. Voilà un groupe qui frappe fort, mais surtout juste. Pensez à prendre rendez-vous avec votre ostéopathe, vos cervicales risquent d’être mises à rude épreuve.

