À peine sortis de l’adolescence, les Montpelliérains de Loons réalisent un premier album qui refuse l’étiquette de « coup d’essai ». À 21 ans de moyenne d’âge, le trio affiche déjà une écriture sûre, capable de naviguer entre grunge hérité des années 90 et indie-rock mélodique de la même décennie, sans jamais donner l’impression de cocher des cases. Cependant, Loons évite habilement le piège du revival : plutôt que de regarder en arrière, le groupe utilise ses influences comme des fondations.
Ce qui fait la force de “Life Is“, c’est cet équilibre entre colère contenue et sens aigu de la mélodie. My Way s’impose comme un morceau phare, porté par un refrain immédiat qui reste en tête sans sacrifier l’intensité. À l’inverse, Solar ralentit le tempo pour dévoiler une facette plus introspective, presque vulnérable.
Enregistré au studio The Apiary sous la houlette d’Amaury Sauvé (It It Anita, Birds In Row, Lost In Kiev, W!zard…), l’album bénéficie d’une production à la fois sans fioritures inutiles et maîtrisée. Rien n’est surligné, rien n’est lissé. Des décharges rugueuses de Now I Sigh aux nuances plus apaisées de Caramel Duck, en passant par le final noisy de Spectre, “Life Is“ capte l’énergie d’un groupe qui cherche moins la performance que l’émotion juste.
Premier album prometteur, “Life Is“ est à prendre comme un point de départ, certes encore perfectible, mais totalement assumé. Loons y esquisse les contours d’un rock décomplexé, conscient de son héritage, mais résolument tourné vers l’avenir.

