Avec “Spire Of Fear“, King Yosef érige une véritable forteresse sonore où l’humain se frotte aux machines pour ne faire qu’un au final. Dès le premier titre, le ton est donné : guitares abrasives, batterie façon marteau-piqueur, chant à la limite de la rupture noyée dans la distorsion. Ici, point de demi-mesure : chaque morceau est un bloc de béton couler dans un metal indus de premier choix et sans concession, quelque part entre Nine Inch Nails, Goldflesh et le talentueux trio français Horskh.
Mais notre homme – Tayves Pelletier pour l’état civil – ne se contente pas uniquement de broyer les tympans de son auditoire. Il sait aussi judicieusement jouer avec les contrastes, ralentissant son bulldozer armé de breakdowns massifs pour installer des nappes synthétiques brumeuses et autres guitares fantomatiques gorgées de Reverb. Comme des instants suspendus afin de mieux relancer la machine. Ou encore de passer par la case EBM sur quelques plans, histoire de titiller les dancefloors d’un monde post-apocalyptique.
Produit avec une précision clinique par Kurt Ballou (Converge) et Zack Weeks au fameux GodCity Studio, “Spire Of Fear“ impressionne par cette tension permanente menée de main de maître par King Yosef, entre une approche délibérément frontale et une sorte d’intériorisation, certes relative, mais bien présente. Un second long format pas toujours facile à appréhender, sombre et oppressant à bien des égards, mais terriblement captivant une fois adopté.

