Emmené par l’ancien claviériste d’Opeth Per Wiberg, désormais passé à la basse, Kamchatka fait rugir un heavy-rock organique où le groove règne en maître, nourri de blues graisseux et d’effluves psychédéliques. Avec ce septième album, la formation suédoise replonge dans l’âge d’or de la fin des sixties et du début des seventies, lorsque les power trios repoussaient les limites du rock à coups de riffs massifs et de longues montées épiques.
L’ombre de Cream plane régulièrement sur les compositions, mais Kamchatka évite le piège de la reconstitution vintage. Ici, les influences servent un propos vivant, servi par une énergie brute et un sens du riff qui ne sonne jamais poussiéreux. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Clutch les ait régulièrement embarqués sur les routes américaines et européennes. Les Scandinaves partagent avec les vétérans du Maryland ce goût pour un rock puissant, sincère et terriblement efficace.

