Avec “Om Moksha Ritam“, Insomniac impose d’emblée une identité claire, autant nourrie de tradition que d’une forte envie d’exploration. Premier album et première claque : le quatuor américain arrive sur le label Blues Funeral Recordings avec une vision artistique déjà affirmée, une écriture qui refuse de se perdre dans l’improvisation stérile, et un sens du riff qui colle aux neurones comme la poussière du désert aux semelles d’une paire de Converse usée par le temps.
Dès l’ouverture, le décor est planté : nappes de guitares gorgées de Reverb et de Fuzz, groove rampant qui enfle au gré de vagues successives, et cette voix, grave, presque incantatoire, dont le registre évoque autant la ferveur mystique que la rage contenue. On devine en filigrane une fascination certaine pour les musiques rituelles, mais intégrée dans une écriture résolument rock. Le résultat, hypnotique et viscéral, renvoie autant à un heavy-rock lancinant teinté de psychédélisme qu’à l’implacable densité d’un doom foncièrement contemporain. Chaque titre est pensé comme une étape d’un voyage imaginaire et l’ensemble se déploie comme une longue transe sonore faite de chœurs lointains et de guitares scintillant aux frontières du cosmos, quelque part entre Dead Meadow, Rezn et The Black Angels.
Insomniac signe ici un coup d’essai qui ressemble à un coup de maître. Et de se dire que le quintette d’Atlanta pourrait bien, dans les mois à venir, s’imposer comme l’une des formations les plus excitantes de la scène heavy psych actuelle.

