GREENLEAF – The Head & The Habit – (Magnetic Eye Records)

Toujours emmené par le guitariste Tommi Holappa, figure tutélaire et pionnier de la scène stoner européenne depuis la nuit des temps, Greenleaf célèbre cette année un quart de siècle d’existence. Une longévité qui force le respect, surtout pour un groupe né presque par accident, comme un simple side-project de Dozer, avant de s’imposer durablement comme une entité à part entière. Vingt-cinq ans plus tard, l’histoire s’est écrite à coups de riffs massifs, de longues tournées à travers le monde et d’une fidélité sans faille à une certaine idée du heavy-rock.

Pour marquer l’événement, quoi de plus logique qu’un nouvel album publié chez Magnetic Eye Records, label devenu incontournable pour les esthètes du genre ? Plus qu’une simple célébration, ce disque agit comme un instantané de l’évolution du groupe au fil des années. Si Greenleaf a longtemps revendiqué son amour pour Kyuss et les grandes heures du désert californien, le quatuor suédois a depuis longtemps coupé le cordon. Changements de line-up, maturité musicale et confiance acquise sur la durée ont permis au groupe d’affiner son identité et de trouver sa propre voix.

Avec ce neuvième album, Greenleaf livre un concentré particulièrement abouti de heavy-rock classieux, groovy et généreusement garni de Fuzz. Le jeu de Tommi Holappa s’y montre plus inspiré que jamais, alternant riffs telluriques et envolées mélodiques avec un sens du détail qui témoigne d’une vraie maîtrise. La section rythmique, d’une solidité exemplaire, porte chaque morceau avec une précision implacable, tandis que le chant, plus habité et nuancé que par le passé, apporte une profondeur supplémentaire à l’ensemble.

Sans révolutionner le genre, Greenleaf en incarne aujourd’hui l’une des expressions les plus élégantes et les plus crédibles. À ce stade de sa carrière, la formation scandinave n’a plus rien à prouver, si ce n’est sa capacité à durer et à se renouveler sans trahir ses fondamentaux. Mission accomplie : “The Head & The Habit“ est une réussite totale et confirme, s’il en était encore besoin, que Greenleaf compte parmi les formations majeures du heavy-rock contemporain.