GOROD – The Ember Gone – (Base Productions)

Il fallait bien que ça arrive un jour : Gorod vient de livrer un album qui va faire grincer les dents de certains fans. Mais “The Ember Gone“ arrive à point nommé pour marquer une nouvelle étape dans la longue carrière du groupe bordelais. Oui, le death-metal à la fois technique et mélodique est toujours de rigueur, mais il est cette fois mis au service de compositions plus progressives que jamais, comme si le besoin d’avoir recours à certaines démonstrations instrumentales se faisait moins nécessaire. Une envie de ménager les ambiances qui se veut à la fois savamment pensée et réalisée de manière plus naturelle, les plans se télescopant moins les uns les autres pour mieux servir le songwriting, à l’image du magnifique Forgiveness et ses accents post-metal découverts quelques mois en amont.

Gorod n’a rien perdu de son intensité. Il a juste réussi à canaliser son énergie pour mieux répartir son effort au fil des divers plans et autres articulations qui permettent à l’album d’offrir un visage plus contrasté, entre la colère délivrée par Ignite, les rythmiques alambiquées de Regret et Crimson et les nombreux passages mélodiques à propos disséminés tout au long de la tracklist. Une évolution qui n’a rien d’un exercice de style, mais qui doit son accomplissement à une approche entamée par le groupe il y a fort longtemps (dès la sortie de l’EP “Transcendence“ en 2011) et dont le cheminement aura mis un certain temps avant de s’incarner sous la forme d’un disque entièrement dédié à cette mue.

Gorod va sans nul doute en surprendre plus d’un avec ce visage moins agressif. Mais après presque 30 ans d’existence, il avait bien le droit de s’offrir un tel luxe. Un luxe qui donne naissance à un album qui prouve, une fois encore, que le metal hexagonal est toujours aussi riche en émotions qu’en puissance.