À la fin des années 90, la Scandinavie n’exportait pas que du black-metal. À Oslo, Gluecifer faisait partie de cette scène garage-punk survitaminée qui, avec Turbonegro, Hellacopters ou Backyard Babies, redonnait au rock européen une arrogance et une urgence longtemps réservées aux Américains. Porté par des albums devenus cultes (“Ridin’ The Tiger“, “Automatic Thrill“), le groupe s’imposait comme un chaînon essentiel entre punk-rock et hard-rock déglingué.
Vingt-deux ans après son prédécesseur, “Same Drug New High“ arrive sans promesse de révolution. Et c’est précisément là sa force. Gluecifer reprend le fil là où il l’avait laissé : riffs secs, tempos tendus et chant gouailleur. Bref, tout ce qui fait la force et le charme unique du combo norvégien. Armadas et I’m Ready pourraient sans peine côtoyer les classiques de la période dorée des protagonistes, Pharmacity (très The Cult dans l’esprit) et Mind Control rappellent leur goût pour les refrains accrocheurs et les grooves râpeux, tandis que 1996 sonne comme un clin d’œil assumé à l’époque où le rock scandinave enflammait les scènes européennes. La production, volontairement brute, évite toute tentation moderne et privilégie l’impact immédiat. Point de nostalgie figée pour autant, mais une continuité logique : celle d’un groupe qui connaît son histoire et sa place.
“Same Drug New High“ n’est pas un retour opportuniste, mais un rappel salutaire. Gluecifer n’a jamais cherché à être dans l’ère du temps. Le quintette d’Oslo préfère être fidèle à un rock direct, sans compromis, hérité d’une scène nordique qui, un temps, avait mis le feu aux poudres. Et qui, manifestement, brûle encore.

