En voulant redonner vie aux fantômes du passé, ceux d’un hard-rock FM à la mode des années 80, pour les confronter à un univers pop-rock grand public, Tobias Forge s’est vraisemblablement perdu dans les dédales du bon goût. Ce n’est en rien une surprise de voir Ghost aller encore un peu plus loin dans cette direction, vu l’évolution de la formation suédoise depuis ses dernières réalisations. Mais là, force est de constater que Papa V Perpetua et ses sbires masqués ont (définitivement ?) laissé de côté les quelques réminiscences de rock progressif, qui subsistaient tant bien que mal, et choisi – de fait – de privilégier des titres au format bien encadré. Pas une once du “scooby-doom“ plutôt fun des débuts. Rien ne dépasse. Tout semble millimétré, comme la tracklist, avec ses deux ballades placées là où il faut, la première quasi au milieu du disque et la seconde en conclusion. Original, non ? Mention spéciale, tout de même, à la magnifique pochette qui, en format vinyle, fera son petit effet une fois accrochée dans votre salon. On se contente de ce qu’on peut.
Si deux ou trois morceaux peuvent faire illusion (De Profundis Borealis, Missile Maori, le final endiablé à grand renfort d’orgue de Umbra), le reste de “Skeletá“, sans être mauvais dans son ensemble, sonne bien trop lisse et se montre prévisible sur la longueur. L’église du nouveau personnage imaginé par Tobias Forge ne fait plus peur (certes, ça ne date pas d’hier) et finit par ressembler plus à une attraction sans nul doute toujours aussi efficace et impressionnante sur les planches, qu’à un “groupe“ capable de faire preuve de personnalité et d’une certaine audace sur album. Pour les frissons, on préférera se tourner du côté du train fantôme de la Foire du Trône pour en trouver. Ou réécouter les premiers longs formats des Scandinaves.

