Inutile de chercher midi à quatorze heures : Faerie Ring joue du heavy-rock comme on le faisait avant que les studios ne transforment chaque riff en produit aseptisé sous vide. Sur ce nouvel album, les gars d’Evansville (Indiana) ont poussé les amplis au bord de la combustion et laissé la Fuzz envahir absolument tout. Les guitares, évidemment, mais aussi une basse qui crache comme un moteur noyé et une batterie elle-même passée dans le broyeur à distorsion.
Le résultat sent la sueur, les années 70 et la répétition générale qui a dégénéré. Les dix morceaux avancent avec cette énergie presque insolente du groupe qui préfère capturer une prise vivante plutôt que disséquer chaque note au scalpel. Quelque part entre le psychédélisme cosmique de Monster Magnet, le sens du refrain et du hard-rock classique de Thin Lizzy et le culte du riff hérité de Kyuss, Faerie Ring trouve son terrain de jeu.
New Gods, Fattest Witch, Gargoyle ou le furieux No Surrender envoient du bois, et pas qu’un peu, tandis que les passages plus hallucinés ouvrent les fenêtres sur des paysages enfumés et saturés de soleil noir. Mais derrière l’épaisse couche de saturation et un son foncièrement brut de décoffrage, il y a surtout des chansons accrocheuses et plus directes qu’elles n’y paraissent dans leur construction. Enregistré à Indianapolis aux Postal Studios, ce troisième long-format confirme surtout que le quatuor n’a rien perdu de son goût pour le gros son. Bien au contraire, Faerie Ring semble avoir décidé de tout brancher dans le même ampli. Et de jeter le bouton de volume aussi loin que possible. Bref, de quoi coller les VU-mètres dans le rouge pour un bon moment.

