CHARB-ON – The Austin Sessions – (Autoproduction)

Avec “The Austin Sessions“, Charb-On se fend d’un premier EP brut et habité. Le trio français débarque sans frime ni vernis, comme on pousse la porte d’un studio encore tiède après une prise live, en l’occurence celui connu sous le nom d’Electric Deluxe Recorders, l’antre d’Adrian Quesada, guitariste et producteur des Black Pumas. Ça sent les amplis qui ont chauffé toute la nuit, les prises gardées plus pour leurs vibrations que pour leur perfection. Quoi de plus normal quand on sait que ces sessions texanes n’ont duré qu’une petite poignée de jours.

Charb-On évite soigneusement les artifices et préfère laisser parler le son, le vrai, celui qui respire et vit dans l’instant. Les guitares mènent la danse, râpeuses juste ce qu’il faut, capables de se faire plus ou moins caressantes, avant de gronder quand le riff décide de sortir les crocs. Ici, point d’esbroufe : les solos ne cherchent pas l’escalade technique mais l’émotion, des leads parfois à fleur de peau, d’autres fois plus rêches, mais toujours d’une implacable efficacité. La section rythmique (dispensée de bassiste), solide comme un vieux V8, maintient le cap et laisse l’espace nécessaire pour que les instruments se répondent et s’affrontent. On pense à The Black Keys, GA-20, à Canned Heat sur le groovy Me & My, et même à Queens Of The Stone Age (Thru With You), sans que jamais le groupe ne tombe dans la citation appuyée. Un bel exploit dans un style pourtant balisé par les références depuis des lustres.

Avec “The Austin Sessions“, Charb-On affirme une identité claire : un blues-rock franc, viscéral, joué avec les tripes. Cinq morceaux qui agissent comme une poignée de main ferme et sincère, et donnent surtout envie de les entendre en live, là où la sueur, le volume et l’électricité font toute la différence.