BORRACHO – Ouroboros – (Ripple Music)

Depuis plus de quinze ans, animé par une passion sans faille, Borracho trace sa route avec une respectueuse constance. Formé à Washington, D.C., le trio s’est imposé loin des projecteurs comme un pilier de la scène stoner, multipliant les tournées et les collaborations, sortant cinq albums salués par la critique (sans oublier une compilation d’inédits, moult singles et autres splits), et vendant un bon paquet de ses réalisations aux quatre coins du globe.

“Ouroboros“ marque un retour à l’essentiel. Exit les longues explorations psychédéliques qui avaient coloré les deux précédentes galettes. Borracho a volontairement resserré l’étau. On pense au stoner rugueux de Fu Manchu, au groove balayé par la poussière du désert de Brant Bjork (en plus musclé), ou encore à Clutch pour l’énergie brute. Mais rassurez-vous, point d’empilage gratuit d’influences. Les trois protagonistes les ont bien digérées pour élaborer leur propre recette, aidés par une expérience acquise lors des nombreuses années passées sur scène.

“Ouroboros“, titre de ce sixième album, fait référence à un symbole vieux de plusieurs millénaires : le serpent qui se mord la queue, métaphore de l’éternité, et ici d’une humanité lancée dans une autodestruction frénétique. Borracho en fait la colonne vertébrale d’un disque qui met en exergue les fractures de notre époque : santé mentale en péril, autoritarisme rampant, perte de repères, l’automatisation et la corruption culturelle… Pourtant, malgré une certaine noirceur quant aux thèmes abordés, l’ensemble reste énergique à souhait et sacrément galvanisant. Le genre de disque pour secouer les épaules et relever la tête, histoire d’affronter le chaos dans les meilleures conditions.