Avec “Engines of Demolition”, Zakk Wylde revient en terrain conquis, guitare vissée au corps et saturation au maximum, une identité artistique toujours aussi forte dans les doigts, forgée à coups de riffs granitiques et de solos incendiaires. Sous la bannière de Black Label Society, notre homme déroule ici une leçon de heavy-metal résolument moderne, entre attaques frontales et mélancolie bluesy qui lui est propre.
Question production, ça ne plaisante pas. Le son général est massif, celui des guitares taillé dans l’acier, et les amplis semblent poussés dans le rouge, mais jamais au détriment d’un certain sens du groove. L’ami Zakk sait aussi faire respirer ses compositions, alternant rythmiques ultra serrées, plans plus lourds (on notera de-ci de-là quelques clins d’œil à Soundgarden) et ballades à la sauce américaine. Sa voix, toujours éraillée, agit comme un fil conducteur émotionnel, rappelant que sous la cuirasse se cache une sensibilité à fleur de peau.
Côté guitare, c’est un festival : harmoniques artificielles qui fusent, vibratos immodérés, descentes de manche millimétrées… Pour autant, toutes ces prouesses guitaristiques ne sont jamais gratuites. Ici, le solo n’est pas une démonstration, c’est une extension naturelle du morceau, avec cette capacité à conjuguer technique et impact immédiat.
Ce nouvel album de Black Label Society ne cherche pas à révolutionner le genre. Zakk Wylde est ici chez lui, maître d’un univers qu’il continue de façonner à sa guise. “Engines of Demolition”, c’est du matos taillé avant tout pour la scène : du riff qui cogne, du lead qui hurle, et une énergie brute qui rappelle pourquoi on branche une guitare dans un ampli, à savoir pour en prendre plein les oreilles. Mission accomplie.

