Formé en 2013, Bank Myna n’est pas du genre à inonder la rubrique « chroniques » des magazines et autres webzines. Un EP, une petite poignée de singles, un premier excellent – et vaporeux – album en 2022 (“Volaverunt“) et enfin, ce nouveau long format : on a connu plus productif sur une période de douze ans. Mais le talent d’un groupe ne se mesure fort heureusement pas au nombre de ses réalisations. Le quatuor parisien en est le parfait exemple.
Plus pesant que son prédécesseur, l’épaisseur plus affirmée et texturée du son des guitares n’étant pas étrangère à ce ressenti, “Eimuria“ plonge l’auditeur dans un dédale d’émotions où chaque passage, chaque transition, est synonyme de frissons garantis. Bank Myna sait prendre son temps (un seul des cinq titres du présent disque est sous la barre des 8’30), tisse doucement mais sûrement une toile d’araignée sonore redoutable d’efficacité, dont la matière se nourrit des humeurs des protagonistes : post-rock sombre, slowcore, doom ritualiste… On pourrait y passer la nuit pour décrire la musique intense et terriblement dense de Bank Myna, même si certaines influences paraissent évidentes (Emma Ruth Rundle, BigIBrave, A.A. Williams). On préférera plutôt se plonger encore et encore dans un album ésotérique et envoûtant à souhait, qui s’inspire des productions artistiques tumultueuses de la poétesse Alejandra Pizarnik et de la sculptrice Camille Claudel. L’un des longs formats de l’année. Ni plus, ni moins.

