Avec “Abandon Before Cowards“, Baïonnette dégoupille sans sommation. Premier EP pour le duo composé d’Alex Diaz à la guitare et au chant (The Prestige, New Favourite), et Florian Urbaniak à la batterie (Junon, Ipkiss), première balafre aussi, tant les quatre titres proposés condensent une urgence viscérale, quelque part entre un hardcore chaotique et un post-metal nourri à la noise et autres larsens incontrôlés. Ici, point de posture : chaque morceau est joué avec une détermination de tous les instants, porté par des riffs massifs, une rythmique puissante comme un coup de matraque, et un chant écorché qui semble toujours au bord de la rupture.
Baïonnette mise sur la tension permanente. Logique quand on sait que le concept du groupe est d’enregistrer en live, sans filet, dans des lieux improbables. Pour “Abandon Before Cowards“, le duo a choisi une casse automobile, un endroit aux allures de fin du monde qui sied à merveille au chaos sonore dégagé par les quatre titres. Rien n’est laissé au hasard : les quelques (très) rares moments d’accalmie pèsent autant que les explosions et chaque break accentue un sentiment tenace d’étouffement. Difficile de faire plus intense.
EP court mais dense, “Abandon Before Cowards“ ne cherche pas à séduire, mais à marquer les esprits au fer rouge. Baïonnette y impose farouchement et sans compromis son style – exigeant pour les oreilles non averties – en une poignée de titres, laissant derrière lui un goût de poudre et de rage froide. Un premier coup de semonce parfaitement ajusté.

