Huit ans après un premier album plus que porté sur les synthétiseurs, « l’autre groupe de Brann Dailor », batteur de Mastodon (soyons honnêtes, c’est ainsi que le projet est souvent qualifié), est de retour au premier plan. S’il remet un peu plus de guitare dans la recette pour mieux emballer le tout, Arcadea reste avant tout porté sur les claviers (et l’incroyable jeu de batterie, ainsi que la voix de Dailor), qui aime rendre son rock progressif dansant et lui offre un petit côté plus mainstream particulièrement bien senti sur ce disque. On nage en plein synth-rock aux allures de sons rétro-futuristes. C’est barré, certes, mais toujours entraînant. Le changement d’un des membres n’a en rien modifié le son du groupe, ce dernier étant toujours piloté par le duo de musiciens que le chanteur-batteur compose avec son camarade de jeu Core Atoms (les deux compères jouaient déjà ensemble dans le groupe Gaylord en 1996).
Cette nouvelle réalisation oscille avec bonheur entre rock progressif aux sons synthétiques vintage et morceaux dansants (Exodus Of Gravity, Fuzzy Planet), titillant parfois une certaine forme de transe hypnotique alimentée par quelques ingrédients plus psychédéliques (Lake Of Rust). On semble par moment se rapprocher un peu plus de certaines chansons de Mastodon, époque “Crack The Skye“ (les riffs et le chant de Galactic Lighthouse), tout en sentant qu’Arcadea conserve son identité bien barrée au moment de placer un solo de clavier perché. Une expérience jubilatoire qui vous prend les jambes (et le cerveau, comme sur The Hand That Holds The Milky Way) et vous fait embarquer à bord d’un vaisseau spatial qui n’accepte que les combinaisons officielles tirées de Cosmos 1999.

