AIRBOURNE – Airbourne – (Spinefarm)

La formule d’Airbourne est simple et assumée : trois accords (voire quatre de temps à autre), des amplis surchauffés et quelques canettes de bière. Depuis ses débuts, le quatuor australien a fait de l’héritage AC/DC une véritable religion, jusqu’à reproduire presque religieusement les tics, les riffs et les gimmicks de ses glorieux aînés. Ce sixième album ne risque donc pas de bouleverser la donne : ça braille, ça cogne et ça déboule pied au plancher. Les guitares sentent le bush et la sueur, la batterie tabasse comme au fond d’un pub de Melbourne et Joel O’Keeffe éructe avec cette gouaille de forçat du rock’n’roll qui constitue l’une des marques de fabrique du groupe.

Mais – car oui, il y a un mais – à force de marcher dans les traces d’AC/DC jusqu’à en effacer les siennes, Airbourne flirte parfois dangereusement avec le statut de tribute band. Un excellent tribute band, certes, probablement le meilleur en activité aujourd’hui, mais un tribute band tout de même. L’efficacité de ce hard-rock à l’ancienne est redoutable, les refrains taillés pour les salles bondées et l’énergie toujours aussi communicative. Sur disque, pourtant, l’effet de surprise est depuis longtemps éventé (rapport à la bière) et les ficelles trop visibles sur le présent long format.

Soyons cependant honnêtes. Airbourne fait le job, et le fait même plutôt bien. Mais ses albums ressemblent de plus en plus à des prétextes pour repartir sur les routes et mettre une nouvelle fois les amplis à onze. Car c’est sur scène que les Australiens prennent véritablement feu. Et là, difficile de trouver meilleur pyromane.