GREEN LUNG – Necropolitan – (Nuclear Blast)

Green Lung n’a jamais caché ses vieux démons. Quatrième album des Londoniens, ce nouveau chapitre confirme leur goût immodéré pour le hard-rock des années 70, les ambiances occultes et les grandes envolées mélodiques. Et, une fois encore, Deep Purple plane sur l’ensemble du disque, notamment à travers ces parties omniprésentes d’orge Hammond, ces riffs musclés et cette science du refrain hérité des grandes heures de cette période.

Mais il y a un autre spectre dans la pièce, plus récent celui-là : Ghost. Même goût pour le théâtral (sans les costumes), même fascination pour le décorum gothique, mêmes refrains conçus pour être repris en chœur. Jusqu’à Tom Templar, le frontman de la formation anglaise, dont certaines inflexions vocales évoquent parfois furieusement Tobias Forge. À ce stade, parler de simple filiation relève presque de l’euphémisme.

Green Lung maîtrise son sujet, c’est indéniable. L’ensemble est en place, huilé avec cette précision qui doit beaucoup à la production de Tom Dalgety (Opeth, Clutch, Pixies, Dinosaur Pile-Up…), déjà aux commandes de plusieurs messes noires de Ghost (“Prequelle“, “Ceremony And Devotion“, “Popstar“). Seulement voilà, les belles mécaniques ne font pas toujours les grandes voitures. À force de regarder dans le rétroviseur, Green Lung peine encore à trouver sa propre route. Un bon disque de revival, plus solide que réellement audacieux pour sortir du rang.