Projet collaboratif initié et piloté par le batteur Danny Lee, Hayokan propose avec son “Heart of the Forest“ une expérience sensorielle et un voyage auditif s’appuyant à la fois sur un metal progressif piochant dans le djent, des ingrédients électroniques et des sonorités bâties sur un travail de sound design pointu et raffiné. Pour cela, Lee s’est entouré d’une sacrée équipe composée de Pierre Danel à la guitare, Vivien Cheneveau à la basse et du compositeur/arrangeur Louis Viallet.
Ne cherchez pas de chant au-delà de l’énorme morceau d’introduction A Hobson’s Choice. Le reste du voyage sera instrumental, partagé entre la technicité d’un metal servi par des musiciens hors pair qui peut évoquer des plans entendus chez Meshuggah et Animals as Leaders (The Nightmare of Being), les arrangements plus orchestraux et les passages dub (Freaks of Salvation rappelle certains sons à la EZ3kiel), les atmosphères suspendues et la folie électro d’Uncanny Nonentities Part Two et ses sons à la limite de la trance music qui aurait fricoté avec les BPM de la drum’n’bass.
Chargé, en termes de plans comme d’instruments, “Heart of the Forest“ ne se laissera pas apprivoiser dès la première écoute et demandera une vraie attention pour en apprécier chaque accent. Et même si on aurait aimé parfois plus de respiration pour mieux savourer chaque relance, on ne peut que rester admiratif devant le travail accompli. Un premier effort qui mérite qu’on s’y arrête.

