Il y avait déjà quelque chose qui remuait sous “Follow The Flowers“, EP paru en 2025, une manière de faire grincer les guitares sans pour autant basculer totalement dans le côté sombre de la noise. Avec “Confluence“, son premier album, Diveline élargit la brèche. Le trio de Grand Rapids, Michigan, ne cherche pas spécialement à réinventer le post-hardcore, mais à en déplacer les murs, à coups de riffs anguleux, de saturation épaisse et d’embardées noise qui viennent régulièrement brouiller la ligne d’horizon.
On pense parfois à At The Drive-In (Brain Rot), débarrassé d’une partie de sa fièvre chaotique et remis dans une architecture plus lisible. Les morceaux de Diveline avancent par poussées, par changements de dynamique et tensions accumulées, sans jamais verser dans le démonstratif. Plus surprenante, la comparaison avec les Néo-Zélandais de Shihad tient surtout à cette manière de faire peser les guitares (Failure), avec un son dense, massif, ici passé à la râpe et contaminé par une abrasivité autrement plus vicieuse (l’excellent et pesant Girls Games).
“Confluence“ fonctionne ainsi comme un point de rencontre entre puissance frontale et dissonance contrôlée. Diveline sait cogner, mais préfère souvent laisser ses morceaux se déformer, s’encombrer de parasites et autres larsens incontrôlés, et prendre des directions moins confortables. Une approche qui évite à l’ensemble le piège d’un revival post-hardcore trop évident.
Au final, le trio américain réalise un disque tendu juste ce qu’il faut et suffisamment rugueux pour laisser quelques échardes sous la peau. Après un “Follow The Flowers“ prometteur, “Confluence“ confirme que Diveline a trouvé sa zone de turbulence. Et qu’il serait bien dommage de ne pas en profiter pour se prendre quelques bonnes secousses salutaires.

