Si la pochette, le patronyme du groupe et le titre de l’album ne vous avaient pas encore mis la puce à l’oreille, les premiers riffs dissipent immédiatement le moindre doute : ici, on célèbre le doom dans sa version la plus épaisse, la plus grasse et la plus saturée de Fuzz. Un véritable mur de décibels qui s’abat avec la délicatesse d’un bulldozer, quelque part entre un Black Sabbath sous acide et les prêcheurs les plus enfumés de la scène underground du genre.
Massif, poisseux et volontairement englué dans une production où la batterie semble lutter pour émerger du magma sonore, tandis qu’un chant traînant hante des compositions aux relents funéraires, ce second long format d’Acid Mammoth coche avec application toutes les cases du manuel du parfait disciple du doom. Certes, les Grecs ne cherchent jamais à réinventer la roue et préfèrent labourer un terrain balisé depuis des décennies. Mais quand les riffs sont aussi pachydermiques, que les grooves avancent avec une telle puissance d’inertie et que les nappes de Fuzz finissent par engloutir l’auditeur, difficile de leur reprocher ce manque d’audace.
Sans révolutionner le genre, le quatuor athénien signe un album solide, sincère et terriblement efficace, taillé pour les amateurs de lourdeur et d’atmosphères qui sentent la poussière, le souffre et les amplis poussés dans le rouge.

