Quicksand n’est pas du genre à vivre sur sa légende et continue de la remettre en jeu à chaque disque. Cinq ans après “Distant Populations“, le trio new-yorkais revient avec “Bring On The Psychics“, un album qui ne cherche ni à convoquer l’ombre des deux premiers longs formats (“Slip“ et “Manic Compression“) ni à capitaliser sur le statut de pierre angulaire du post–hardcore des années 90 que le groupe a lui-même contribué à sculpter. Walter Schreifels, Sergio Vega et Alan Cage préfèrent avancer par glissements successifs, en affinant un langage qui leur appartient désormais totalement.
Ici, la puissance ne se mesure jamais au volume des amplis. Elle surgit de cette tension permanente entre des riffs anguleux, des lignes de basse souples et une batterie qui préfère privilégier l’efficacité du groove à la démonstration. Quicksand joue habilement avec l’espace, ménage des respirations, puis resserre brusquement l’étau. Cette science du contraste donne au disque une éclatante densité, sans jamais sacrifier l’immédiateté mélodique qui irrigue l’ensemble des compositions, le tout en moins de 30 minutes. Bluffant d’efficacité.
Plus introspectif qu’il n’y paraît, l’album laisse aussi transparaître une forme de sérénité, celle d’un groupe qui n’a plus rien à prouver mais qui refuse de s’enfermer dans la célébration de son passé. Quicksand continue d’écrire son histoire au présent. “Bring On The Psychics“ n’est pas un simple retour, c’est la preuve irréfutable qu’il est encore possible, après plus de trente-cinq ans d’existence, de faire évoluer son vocabulaire musical sans en trahir l’essence. Une leçon de maturité créative, aussi discrète qu’indiscutable. Et un véritable must dans le genre.

