Avec “Survive/Yourself“, Demons My Friends s’éloigne un peu plus des balises doom présentes sur “Demons Seem To Gather“ (2023) pour tracer une route plus personnelle, avec en point de mire Seattle et sa scène des années 90. Dans ce second long format, le trio d’Austin ne cherche pas forcément à impressionner par la seule puissance, préférant installer une ambiance, qui s’infiltre lentement.
The Theory Of Change pose d’emblée ce climat trouble avec ses guitares épaisses et mouvantes, quelque part entre l’héritage des seventies et une mélancolie empruntée directement au grunge, tout comme ce son de saturation façon « nid d’abeilles ». L’album avance ensuite par vagues successives. Last Dance et Kalorama se veulent plus posés, tandis que Brain Holographics s’étire dans une dérive sombre et hypnotique.
Ce qu’on retiendra surtout de “Survive/Yourself“, même si tout n’est pas absolument parfait (un peu d’élagage pour une poignée de titres n’aurait pas été superflu), c’est sa cohérence émotionnelle. Demons My Friends raconte quelque chose, une forme de solitude moderne et diffuse. Même Smile, plus bref, prolonge ce sentiment d’inconfort, avant que The Isolate ne referme le disque dans une lumière froide, presque apaisée.
Sans révolutionner les codes du genre, le trio américano-mexicain se fend d’un album sincère et immersif. Une montée en puissance évidente pour un groupe qui pourrait bien dépasser le simple statut de curiosité underground.

