Après un EP prometteur en 2021 pour tourner définitivement la page General Lee, Junon passe clairement à la vitesse supérieure. Avec “Dragging Bodies To The Fall“, le sextuor balance un premier album dont la puissance, autant dévastatrice que maîtrisée, risque sans nul doute de secouer les neurones de nombreux (post) métalleux.
Aux commandes, l’inévitable Francis Caste (Hangman’s Chair, Regarde les Hommes Tomber, Pogo Car Crash Control, Lofofora, Bukowski…) fait parler son expérience et offre au groupe un son à la fois énorme et lisible. Chaque riff cogne, chaque montée en pression est calibrée. Et quand ça explose, ça fait mal.
Mais la puissance ne sert à rien, à part faire de l’esbroufe, si les dynamiques ne sont pas contrôlées avec précision. Et ça, Junon l’a bien compris. Entre deux assauts frontaux, le groupe sait aussi lever le pied pour mieux faire retomber la pression… avant de repartir de plus belle. Un sens du contraste qui évite l’écueil du tout-bourrin et maintient l’auditeur sous tension permanente.
“Dragging Bodies To The Fall“ est un disque solide et intense, qui prouve que Junon a déjà habilement assimilé les codes du post-metal sans se contenter de les réciter. Un premier long format qui pose les bases, et qui pourrait bien faire du bruit. Et pas qu’un peu.

