Après huit longues années de silence discographique, Mad God refait surface avec “An Age of Ash“. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le retour ne se fait pas dans la demi-mesure. Exit le simple doom psyché bricolé dans son coin des débuts, le trio sud-africain voit plus large, plus noir, plus cinématographique. Sorti chez Mongrel Records, ce troisième album a des allures d’une fresque sonore, quelque part entre fin du monde et Dark Fantasy poisseuse.
Les riffs rampent, épais et visqueux, installant un climat qui dépasse largement le simple cadre du doom. Ici, tout semble s’étirer, se dilater, jusqu’à l’hypnose. Les influences à la Black Sabbath sont évidentes, mais Mad God n’endosse pas pour autant le rôle du disciple parfait, préférant y injecter des échappées psyché (on pense parfois aux excellents Suédois de Domkraft) et des tensions plus progressives. Enregistré live, sans clic et sans retouches inutiles, le disque garde une rugosité immédiate, qui rend l’ensemble presque inconfortable par moments.
Mais “An Age of Ash“ ne se limite pas à une démonstration de force sonore. Le disque se distingue aussi par son approche narrative. Là où beaucoup se contentent d’un imaginaire occultiste de façade, Mad God développe ici un véritable univers, entre ruines fumantes et pactes démoniaques. Chaque morceau s’enchaîne comme un chapitre supplémentaire, renforçant cette impression de descente lente et inexorable.
Terriblement dense sans pour autant être hermétique, “An Age of Ash“ ne s’apprivoise pas en une écoute, mais il s’impose lentement, à force d’écoutes répétées et attentives, comme une expérience à encaisser. Avec ce troisième album, Mad God franchit indéniablement un cap et signe tout simplement son long format le plus abouti à ce jour.

