Il y a des villes dont la légende rock s’écrit en lettres capitales. Rennes, Bordeaux, Toulouse, Angers. Et puis il y a celles qui ont longtemps joué dans l’ombre, accumulant pourtant les décibels, les groupes, les fanzines et les nuits blanches avec une obstination presque militante. Besançon est de celles-là.
Avec Rock The Citadelle, Sam Guillerand entreprend de réparer cet oubli. Son livre, sous-titré « histoire orale et visuelle du rock et des cultures alternatives à Besançon, de la fin des années 70 à nos jours », est bien plus qu’un simple travail d’archiviste passionné. C’est une plongée dans plusieurs décennies d’effervescence souterraine, un récit collectif où se croisent musiciens, organisateurs de concerts, patrons de bars, disquaires, journalistes, photographes, illustrateurs, éditeurs de fanzines et autres artisans de l’ombre sans lesquels aucune scène ne peut durablement exister.
Au fil des pages se dessine une cartographie autant précise qu’affective de la cité franc-comtoise, faite de salles enfumées, de groupes éphémères, de rencontres décisives et d’initiatives souvent bricolées mais toujours portées par la même foi dans la musique. L’impressionnante galerie de témoignages réunie par l’auteur raconte plus un état d’esprit qu’une succession d’événements, celui d’une communauté qui a choisi de vivre le rock comme une aventure quotidienne.
Enrichi d’une iconographie foisonnante, le livre pourrait de prime abord sembler réservé aux seuls connaisseurs ou aux enfants du pays. Ce serait mal le comprendre. Car au-delà du cas bisontin, Rock The Citadelle parle de toutes les scènes locales, de tous ces foyers créatifs qui ont façonné l’histoire du rock loin des projecteurs. Il rappelle surtout une évidence que l’époque tend parfois à oublier : le rock n’est pas seulement une musique, c’est aussi un style de vie à part entière.
- Auteur : Sam Guillerand
- Prix : 39€
- Nombre de pages : 440
- Éditeur : Médiapop Éditions

