Journaliste et anthropologue, Régis Meyran propose ici de nous plonger dans les racines de la folk music américaine de manière beaucoup plus socio-politique et historique que ce à quoi le titre de son livre nous a fait penser en première instance. Si le terme folk music évoque pour bon nombre d’entre nous des noms comme celui de Bob Dylan ou d’autres artistes spécialisés dans les protest songs, l’auteur nous rappelle que les origines de ce courant remontent à bien plus longtemps, du blues des afro-américains entendu du côté des champs de coton aux chants entonnés par les ouvriers et les anarchistes syndicalistes, en passant par la culture amérindienne.
Ne vous attendez pas à un petit guide des divers artistes portant les noms de Joan Baez ou David Crosby, mais bien à un ouvrage dont le contenu, il faut l’admettre, possède ce côté universitaire parfois un peu plus monotone et rigide à ingérer mais qui, au final, abrite une vraie profondeur politique. Un livre qui permet de faire la lumière sur tout un pan de l’histoire américaine, celle des oubliés, des gens de la terre, des travailleurs et de ceux qui ont lutté pour les droits civiques, si possible en chansons. Une manière comme une autre de mieux comprendre l’œuvre d’artistes comme Woody Guthrie, Leadbelly et du travail fourni par des hommes tels que Lomax, père et fils.
- Auteur : Régis Mayran
- Prix : 17€
- Nombre de pages : 144
- Éditeur : Le Mot et le reste

