Ceux et celles qui ont découvert Swan Vaude au travers de ses multiples activités liées à la guitare – sur le Web, comme démonstrateur pour des marques, intervenant pour divers médias, lors de masterclasses ou en tant que musicien accompagnateur – pourraient bien être surpris par ce premier disque. Oui, on a envie de parler de disque, même si “St Blaise“ sort dans un premier temps au format numérique. Malgré ses huit plages, cet effort en solo s’apparente davantage à un EP qu’à un véritable album, un constat vite établi à l’écoute de sa courte durée (à peine plus de vingt-deux minutes).
Swan va à l’essentiel, choisit de tout dire en trois minutes, de manière sobre, élégante et fragile. Un très joli voyage au cœur d’une indie-pop ciselée avec finesse. Pardon ? Vous avez dit indie-pop ? Vous avez bien lu. Loin des plans neo-soul et des rythmiques jazzy qui ont souvent mis en lumière l’incroyable jeu de guitare de cet artiste touche-à-tout, le contenu de “St Blaise“ se rapproche davantage de certaines chansons de Radiohead ou de Jeff Buckley que de celles d’Erykah Badu ou de Raphael Saadiq.
Quand il ne cisèle pas de subtiles mélodies à plusieurs voix (Moonlight), le jeune homme sème çà et là de discrètes boucles électro et autres sons sobrement glissés dans le mix (Sun, Ten Years), avant de placer le petit solo qui rassure (Souvenir) et prouve que son toucher sur une six-cordes reste toujours aussi majestueux. Allez, parce qu’il fallait bien une petite touche neo-soul pour la route, Colorblind rappelle combien il est facile pour ce musicien de promener sa nostalgie entre différents styles. Précisons d’ailleurs qu’il s’agit bien de nostalgie plutôt que de spleen : “St Blaise“ possède une lumière rassurante malgré le climat automnal de ses compositions, comme si l’espoir de jours meilleurs habitait l’œuvre plus que les regrets ou les blessures qui l’ont inspirée. Swan Vaude se lance dans le grand bain avec élégance et retenue. Le début d’un voyage qui, on l’espère, le mènera le plus loin possible.

