SOLACE – Fading Failing Ruin – (Magnetic Eye Records)

Sept ans après “The Brink“, les vétérans du New Jersey reviennent rappeler que le temps n’a aucune emprise sur ces généreux pourvoyeurs de riffs. Avec “Fading Failing Ruin“, un cinquième album célébrant au passage les trente ans d’existence du groupe, Solace livre un condensé de heavy-rock poisseux estampillé vintage et de doom massif, dans l’unique but de faire craquer des cervicales. Une identité forgée au fil des décennies, que bien peu de formations sont capables d’afficher avec une telle assurance.

Ici, pas question d’aligner les riffs pachydermiques pour masquer un manque d’inspiration ou pour épater la galerie. Solace privilégie des compositions solides et savamment construites, où les montées en puissance répondent à des passages plus écrasants dans un équilibre permanent. Le groove, du moins à la sauce heavy doom, est omniprésent. La section rythmique pilonne sans relâche, tandis que les guitares empilent les riffs avec une redoutable efficacité, sans jamais tomber dans la démonstration gratuite. Quant au chant, toujours aussi éraillé et habité, il apporte ce supplément d’âme qui distingue immédiatement le groupe de la concurrence.

Même si on pourrait lui reprocher quelques longueurs de-ci de-là, “Fading Failing Ruin » respire l’authenticité. Aucun effet de mode, aucune concession, Solace joue la musique qu’il a toujours défendue, avec une maîtrise que seules trente années de carrière peuvent offrir. Dense et cohérent, ce cinquième album démontre qu’il est encore possible de sonner lourd sans sacrifier le groove, ni le riffing. Une belle leçon de caractère et de « dirt metal » signée par des anciens qui sont toujours debout et n’ont toujours aucune intention de lever le pied.