IRATA – Human – (Small Stone Records)

Sept ans après son dernier effort, Irata signe un magnifique retour qui se joue des étiquettes trop faciles. Certes, “Human“ s’inscrit globalement dans la galaxie heavy-rock (tendance psychédélique), mais le trio de Caroline du Nord refuse les carcans d’un genre souvent englué dans ses propres codes. Ici, les riffs ne servent jamais de simple démonstration de force, ils façonnent d’abord – et surtout – un relief sonore où lourdeur, tension et émotion avancent de concert. Les compositions prennent le temps de respirer, alternant montées en puissance, accalmies contemplatives et déflagrations électriques avec une maîtrise qui force le respect.

L’ADN d’Irata, qui n’a eu cesse d’évoluer depuis 2007 – date de création du groupe – au travers de quatre précédents longs formats, puise autant chez King Buffalo et All Them Witches que dans le rock alternatif du pays de l’Oncle Sam des années 90. Difficile de ne pas penser au grunge sinueux du “Gish“ de The Smashing Pumpkins, aux psychédélisme granuleux de Jane’s Addiction ou encore à la puissance introspective de Tool. Pourtant, la formation américaine ne donne jamais l’impression de recycler ses influences. Elle les assimile pour construire un langage personnel, où chaque titre enrichit un ensemble tout ce qu’il y a de plus cohérent. La production, ample et organique (on remarquera la présent de J. Robbins au mixage), sublime ce jeu permanent entre pesanteur et envolées mélodiques, tandis que la section rythmique impose un groove hypnotique qui sert de colonne vertébrale à l’ensemble.

Sans chercher la surenchère technique ni l’esbroufe artificielle d’arrangements trop clinquants, “Human“ mise sur la profondeur des compositions et l’efficacité de ses atmosphères. Un album mature, intensément habité, qui démontre qu’Irata figure plus que jamais parmi les formations les plus inspirées de la scène heavy-psych actuelle. Assurément l’une des sorties les plus convaincantes dans le genre de l’année 2026.