Un an à peine après un premier EP particulièrement convaincant, les Tourangeaux de Healer enfoncent le clou avec une nouvelle salve dévastatrice. En moins de dix-huit minutes, le quatuor démontre qu’il est bien plus qu’un énième représentant de la mouvance sludge. Servi par un mastering de premier choix signé Jonathan Nuñez (guitariste de Torche, mais également ingé son et fabricant de pédales et d’amplis à ses heures perdues), “Desolation“ affiche une force de frappe impressionnante sans jamais tomber dans le concours de décibels. Certes, les riffs écrasent tout sur leur passage, mais laissent toujours respirer des mélodies sombres et une tension savamment entretenue, même sur un format court.
Si le son est colossal, Healer évite surtout de sombrer dans une lourdeur monolithique – souvent inhérente au style défendu – en insufflant un vrai dynamisme à ses compositions. Les passages les plus plombés côtoient des accélérations rageuses avec une fluidité qui maintient l’auditeur sous pression du début à la fin. La puissance qui traverse ces quatre morceaux fait toute la différence et témoigne d’une science de la composition déjà sacrément bien maîtrisée. Les influences – pêle-mêle : High On Fire, Kylesa, ou encore les premières réalisations de Mastodon – sont parfaitement assimilées et nourrissent habilement une identité sonore qui se dessine avec une solide assurance.
Successeur logique de “Deconstruction“, “Desolation“ confirme que Healer a franchi un cap. Ce deuxième chapitre de sa trilogie d’EP n’est plus une simple promesse, c’est la démonstration imparable qu’un sérieux prétendant vient de s’inviter parmi les formations françaises du genre les plus excitantes du moment.

