ANT NEBULÄ – Stars Aligned Machine – (Autoproduction)

Avec ce premier long format, le trio bordelais, porté notamment par un ex-Sleeppers – formation également girondine qui a fait le bonheur des aficionados d’un noise-rock puissant et inventif pendant trois décennies – à la guitare et au chant, affine ici une identité sonore dense et tendue déjà esquissée précédemment dans deux EP prometteurs.

Au travers des 11 titres de “Stars Aligned Machine“, le groupe installe une tension sourde, dont la dynamique donne au disque une profondeur émotionnelle. Les guitares, tantôt épaisses, tantôt tranchantes, parfois plus légères, dessinent des paysages instables. Il y a dans ces morceaux une manière de jouer avec la gravité, de repousser sans cesse le point de rupture. L’ombre du post-hardcore des années 90 plane de manière constante, quelque part entre Helmet et Girls Against Boys (quoi de plus logique que de retrouver dans la tracklist le She’s Lost Control de Joy Division), voire de Stanford Prison Experiment. Mais Ant Nebulä évite le piège du pastiche en injectant une sensibilité qui lui est propre. Des références en pagaille, oui, mais digérées et habilement reconfigurées.

Ambitieux sans être démonstratif, sincère et parfois un brin décousu (ce qui contribue aussi à faire son charme), ce premier album longue durée est suffisamment habité pour dépasser le simple cadre des promesses. Il confirme surtout qu’Ant Nebulä est capable de regarder bien au-delà de ses influences pour tracer sa propre orbite.